Lieues diatoméennes

Ma comptine Douce pluie

Ce texte invite parents et enfants de 3 à 6 ans à un moment de complicité tactile et joyeux, où la poésie devient un jeu vivant à partager. Il évoque le cycle de l’eau. Les illustrations sont générées par IA. Écrit en novembre 2025.

♬ La version audio est réalisée en 2026 par Akemi.

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Douce pluie

Si je cherche l’inverse d’une bulle,
Je tombe sur une goutte d’eau.
Si elle tombe sur mon front,
Elle m’éclabousse la frimousse.

Enfant qui se fait éclabousser par une goutte.

Si j’attends un peu, elle descend où ?

Sur ma joue, dans mon cou,
Sur un hibou… puis dans un trou.
Pas le temps de lui dire coucou !

Mais plouf ! — On va où ?
Dans le terrier douillet d’un lapin doux.
Il est trop chou, ce petit fou !
Ses grandes oreilles écoutent tout,
Et il s’approche en bondissant.

Il nous montre qu’il est malin.
Avec sa pile de carottes, il est serein.
Il en croque une — crac crac crac !
Il a même le temps pour un câlin,
Chaud comme une couverture d’hiver.

Ploc, ploc, ploc — Oh la la !
C’est la pluie qui nous chatouille.
Le terrier n’a pas de porte…
Alors le lapin creuse une carotte,
Et en fait une petite barque.

Lapin à bord d'une carotte.

— Elle flottera sur l’eau qui monte !
C’est bien mieux qu’un parapluie !

Hop, hop, hop — Hi hi hi !
On s’installe bien à bord.
La barque tangue un petit peu,
C’est comme sur une balançoire.

Si j’attends encore, on va où ?

Sur un ruisseau de rien du tout,
Qui glisse entre racines et cailloux.
L’eau nous emporte sur son lit,
Et nous transporte à la sortie.
Comme dans un train, on fait tchou-tchou !

Glou, glou, glou — Hé, regarde !
Un escargot fait de belles bulles.
Il est pourtant si minuscule.
Il nous rejoint, sa maison scintille.
Quel gentil petit escargot !
Il raconte sa matinée,
Qu’il a profité de la rosée,
Et d’une feuille de menthe poivrée.

Escargot heureux sous la pluie.

Et maintenant, on va où ?

Sur un tapis de grosses fleurs.
On dirait des nénuphars.
Leurs pétales sont des coussins,
Dans leur parfum, on se sent bien.

L’heure du goûter fait son tic-tac,
Le lapin mange la barque.

Il ne semble jamais trop tard,
L’escargot sort sa guitare.

Là là là, tu fais quoi ?

— C’est la chanson de la vie.
Quand je la joue, elles sourient,
Ces charmantes petites grenouilles.

Croa, croa, croa — Quel spectacle !
Les voilà qui sautent partout !
Leurs yeux dorés sont tout mignons.
Leurs pattes palmées battent la mesure.

Si le vent souffle bonjour,
Les roseaux font du tambour.
Les libellules vont dans le ciel,
Et dessinent de jolis cœurs.
Ça ressemble à de l’amour,
Devant un grand arc-en-ciel.

Grenouilles sur des nénuphars, devant un bel arc-en-ciel.

Mais où est la goutte d’eau ?

Elle fait des tours dans la mare,
Comme les milliers de têtards.
Et si un hérisson a une petite soif,
Elle tournera dans son bidon,
Comme une plume qui tourbillonne.

Peut-être aussi qu’elle se prépare…
Mais à quoi ?

Pschiiiit, woooov.
À prendre la main du soleil,
Pour remonter dans le ciel.
C’est une très bonne nouvelle.

Ça enchante les hirondelles.
Ça fait tout briller sur son passage.
Et après, ça fait pousser des nuages.

Montée de la goutte vers le ciel.

Mais un nuage, ça ne reste pas en l’air très longtemps…
Il gonfle, il s’étire, il voyage.
Puis il lâche une goutte.

Ploc !

Pas sur une hirondelle,
Qui pique du nez dans les airs.
Pas sur un hérisson piquant,
Qui dort au loin, calmement.
Pas sur un riquiqui têtard,
Qui barbote sous un nénuphar.
Pas dans la mare,
Où danse la lumière du jour.

Où alors ?

Ni sur la coquille de l’escargot,
Ni sur les oreilles du lapin,
Ni dans la carotte,
Car elle est dans le lapin !

La goutte tombe sur mon front.
Elle m’éclabousse la frimousse.

Et si je cherche l’inverse d’une bulle,
Je retombe sur une goutte d’eau.
C’est le plus beau des voyages,
Qui commence toujours…
Et ne finit jamais.

FIN