Pour ce défi, certaines images sont animées. J’en ai conservé 19 sur 30.
Half Sick of Shadows de The Parlour Trick fait penser aux ambiances un peu glauques et aux vieux objets. Je voyais bien un intérieur délabré avec quelques souvenirs qui racontent une histoire.
Fillette qui a le temps de faire deux tours de cordes avant de retomber sur sa fleur. Je voulais réaliser quelque chose d’assez léger et d’enfantin, puisque la musique すみれ・チューリップ de Junko Kudo m’oriente vers cela. Le chat me vient probablement de la signature de Junko Kudo elle-même que l’on peut voir sur la couverture de l’album Akane Iro No Carnival. Il y a d’ailleurs une musique qui parle de chat dans l’album (ねこよねこ), très rigolote. L’animation image par image m’a prise beaucoup de temps et je n’ai pas pu peaufiner certains détails; la tulipe qui sautille à un moment et les cheveux qui changent trop brusquement de position. J’ajouterai bien de la brillance animée dans les yeux du chat pour montrer son émerveillement.
Les saisons passent, mais elle ne vieillit pas. La musique, 奏 de スキマスイッチ, interprétée par Uru, m’évoque les souvenirs, les choix que l’on fait, la vie qui passe. C’est assez triste et j’ai donc préféré préserver l’enfance, la joie de vivre et l’amusement. Cette animation m’a également prise beaucoup de temps (32 images faites à la main). Je me suis simplifié le travail en ne coloriant que certaines parties.
Marcher quand tout nous sourit. La musique très sympathique de Nir Mehlman, כשהחשיך הים, suscite la tranquillité, l’absence totale de soucis. N’y connaissant rien en cycle de marche, j’ai cherché un peu sur Internet comment le réaliser. Je n’avais aucune idée de ce que ça allait rendre et finalement, cette marche rapide, motivée et un peu lourde est parfaite pour la musique (elle me fait bien rire). Les cactus sur son passage semblent lui faire coucou.
La musique est paisible, planante et pleine de volupté. Les corps nus perlent de sueur et, dans la jungle comme dans la fumée, s’immisce l’entière Création. J’ai bien aimé Planet Caravan de Black Sabbath. L’image représente plutôt bien ce titre. J’aime particulièrement cette impression d’extérieur fermé, comme les boules à neige, sauf que ce n’est pas pareil et que j’ai du mal à définir ce qui me fait penser cela; peut-être le noir qui encadre la scène.
J’avais beaucoup d’idées pour Saku de Susumu Yokota (ce qui est rare) et j’ai pu en combiner plusieurs. On retrouve donc l’émergence de planètes navigant des profondeurs vers la lumière, un rapport à la photosynthèse, une sorte de Big Bang inversé, le grouillement, le plasma. Le résultat me plait beaucoup. Après le défi, j’ai incliné un peu l’une des planètes pour que sa lumière soit dirigée correctement.
Musique : Fly and Collision of Comas Sola de Tangerine Dream. On ne dirait pas forcément, mais animer ces cinq oiseaux était un gros travail. J’aime bien le rendu, même si ça m’a l’air de manquer de quelque chose. Le fond rouge a légèrement changé après le défi.
Musique : Their Memories de Brian Eno et Harold Budd. L’animation est soit inutile, soit pas assez longue. La musique m’évoque un mystérieux coquillage sur une plage au sable compact. En nous en saisissant pour le porter à nos oreilles, nous y entendons tout d’abord un bruit sourd, un léger souffle. Puis progressivement, il se confie à nous. Nous le comprenons si bien que nous devenons lui.
Anthem For No State est une musique en trois actes de Godspeed You! Black Emperor. Il s’agit là d’une œuvre puissante et magnifique dans laquelle je vois au départ notre évolution, puis notre plus grand conflit, contre nous-même et notre propre condition (animale) et, enfin, résonne un son d’espoir. Cet espoir porte le nom de Godspeed You! Black Emperor, d’où les initiales du groupe inscrites sur la fusée. La base spatiale se reflète dans l’eau sous forme d’arbres, empreinte du passé. Et le ciel lumineux d’étoiles pour unique espoir de survie est pointée par nos antennes menaçantes. Notre force dévastatrice pourrait bien s’abattre ailleurs.
Quelque chose d’angélique repose dans les notes et la voix de Laura Allan. As I am m’émeut profondément. J’ai voulu composer une scène très lumineuse au-dessus de tout, un havre de paix pour un ange plongé dans ses réflexions (clin d’œil au titre de l’album). Les nuages ne ressemblent pas vraiment à ceux que j’avais en tête (des réalistes) et je les trouve mieux ainsi.
Dès les premières cordes grattées, on perçoit le thème de l’horreur. Le chant le confirme. 無限淫楽地獄 de Magdalene Ju-nen, comme toutes les musiques de l’album, est une belle découverte. Il y a un côté invitation, une attirance. On perçoit le dénouement sinistre de notre propre vie, mais la tentation est trop forte. Cela se ressent également sur la très belle pochette de l’album. Je ne pensais pas pouvoir provoquer la peur avec une image, mais apparemment, j’ai réussi.
Une musique toute simple qui dégage tant de choses. 吉村弘 de Hiroshi Yoshimura m’oriente vers le végétal et le minimalisme. J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cette image. C’était relaxant.
La musique de Divine Shade ne m’évoque rien. Le titre, Something Bad, et le style musical m’ont donc orienté vers quelque chose de mal. J’ai donc fait des chiens en laisse. L’image est pourtant très belle (composition, éclairage, histoire). J’ai utilisé la brosse Nikko Rull de Procreate.
Dans cette image, il faut deviner un peu les éléments, car la mise au point est faite exclusivement sur le personnage et la rame qu’il brandit. Il y a beaucoup matière à interpréter et j’aime cet effet. Le noir et blanc granuleux colle parfaitement au post-rock. Je l’avais déjà constaté pour la musique de Godspeed You! Black Emperor. Den Gamles Stemme Brister de Spurv est ce genre de musique qui m’emporte très loin et à travers laquelle l’émotion monte. Le clip vidéo, que je découvre après le défi en rédigeant ces lignes, est magnifique.
La musique Порою Сжатых Хлебов étant de Рабо́р, je pense aussitôt à la nature, aux paysages rudes et à un petit ourson joyeux jouant de la musique. D’ailleurs, Рабо́р est pour moi le nom de cet ours qui nous offre sa musique magnifique. Cette piste se scinde en plusieurs parties. Il y a un côté mystique au début, puis ça tourne à des instants de joie. L’image a un beau grain et a de belles teintes. L’ensemble est poétique. J’aime le contraste entre le ciel et le sol. À la fin de la réalisation, j’étais un peu déçue du résultat sans trop savoir pourquoi. Puis plus je vois ce dessin, plus je l’apprécie.
Blackwaterside de Bert Jansch me rappelle les musiques d’Eddy Vedder et donc le film Into the wild. J’y perçois aussi un côté liberté sans respect, sans trop savoir pourquoi puisque je n’ai pas cherché à traduire les paroles. J’ai donc dessiné un randopollueur. Le paysage a de belles teintes et les gros coup de pinceau suggère assez bien les éléments.
Musique : 泣き出しそうだよ de Radwimps. Une image simple, mais efficace.
Musique : Apple Star de イノヤマランド. Il y a quelque chose de beau dans ces couleurs, mais l’ensemble manque de détail.
Une version alternative de la première du nom. Le côté ciselé me rappelle ce qui ressemble à un chant d’oiseaux saccadé en début de musique et il ajoute une impression « hors du temps et de l’espace », comme si tout été disloqué dans notre espace. Le rouge du ciel persiste comme une menace et apporte une lourdeur qui va avec la musique.